novembre 12, 2007

Un rêve sur le quai d’une gare

La Grâce créée dans sur un rêve ou sur le quai de cette gare cette fille à la peau caramel. Le regard baissé et ses yeux rivés sur elle, les siens sur ces rails de chemin de fer. La pluie avait laissée sur sa peau ces fines perles d’eau, pareilles à celles que l’on trouve sur les pétales d’une fleure, touchée par cette pluie matinale. Il la fixait, ne pouvant détacher son regard de ce visage, rivé sur les rails de ce quai.
Dans l’air flottait cette humeur, l’humidité qui se prenait entre leurs cils. Les yeux mouillés elle ne détourna pas son regard, restant figée sur son quai, sur ces rails. Lui rêvait déjà d’elle, quelques images défilant, fanées avant d’être passées. Le temps de rêver, un train était passé emportant dans ses wagons quelques rêves et cette fille à la peau caramel.

Mais il rêvait d’elle, encore, rêvant de ces yeux en amandes, soulignés du noir que la pluie avait fait transpirer, il pensait aussi à sa bouche, à ses lèvres bordeaux, et sans se voir, il imaginait une perle placée sur cette lèvres qu’il avait rêvé d’embrasser.

Le train au départ, un autre matin en pluie, il regardait tout autour de lui, cherchant cette fille à la couleur caramel. Il se sentait fautif, ou malheureux, d’avoir râté le train qui avait pu l’emporter quelques minutes avant, sans doute, et prit par la tentation de prendre le prochain, il la verrait sûrement, c’était dit. Un train qui passe et il prend.

Au milieu des vitres, marquées au pile par les paysages qui défilait, la face reflétant les visages des passagers rêvant chacun de leur propre fille à la peau caramel. Elle était devenue sa seule pensée, dans ce train, dans les bus qui suivaient et le soir en regardant aux arrêts qu’il fréquentait. Les matins s’enchaînaient et semblaient, chaque jour de plus être des saisons entières. Chaque feuille prenait la forme de son visage, les flaques celle de son sourire et chaque fille au cheveux longs et à la peau mate prenait les traits de son visage et cette expression qu’elle avait sur le quai de cette gare.

Il a suivi cette idée, comme un rêve qu’il promène encore sur les quais de cette gare, cherchant sans espoir une fille, presque femme, soulignée de lèvres bordeaux et dont les cheveux noirs semblaient accentuer le teint doré de cette peau caramel.  Et promenant ce rêve, il a gardé sur son quai de la gare l’expression qu’il avait eu en la voyant.

novembre 7, 2007

Si seulement il pouvait lui manquer

Ces soirs de lune bleue où la pluie laisse dans l’air cette fraîcheur distincte et lorsque le vent fait danser les arbres, quelques pensées au vent, le regard las, mélangé aux rêves, souvenirs et pensées et toujours ce sentiment d’inachevé. Il refaisait le monde en pensant, pour échapper à cette humeur qui le poursuit depuis longtemps, ce sentiment dans sa poitrine, indescriptible, les battements de son cœur de plus en plus rapides et son souffle…

Il laissait échapper la fumée de sa cigarette refaisant son passé comme son avenir, lassé de sa propre vie, de sa propre mémoire. Comment le dire? Cette question qui revenait en lui comme un refrain et puis les idées s’enchaînent, il faut penser à autre chose, balancé entre son désir de vaincre et celui de s’écrouler mais il reste là, à regarder sa fumée s’échapper, mêlée au vent et à cette pluie qu’il peut presque toucher.

Au milieu de ses pensées, un cheveu se dresse, sur la manche de sa veste. Il le prit entre ses doigts, créant d’autres souvenirs, se lassant d’autres images. Elle était belle, il y repensait, comme s’il n’en n’avait jamais eu conscience avant. Elle est partie. Il y pensait depuis longtemps. Entre le pardon et l’oubli il faisait rouler ce cheveu entre ses doigts, pour finalement le laisser s’échapper, comme sa fumée et disparaître avec le vent.

Ces soirs de lune bleue où l’air est si léger qu’on y dépose nos pensées et nos souvenirs, pour ne plus y penser. Ce cheveux pour seul souvenir de tout un passé qu’il voulait oublier, sans y parvenir, il y repensait pour finalement changer d’avenir, celui qu’il avait imaginé depuis son passé, il faut tirer un trait, tout oublier. C’est cheveu qu’il lui faisait penser, en se demandant si elle aussi était ainsi, si elle regardait l’air s’échapper pour ne plus penser à rien ou si elle riait pour oublier. Lui ne riait pas, il pleurait pour pardonner mais il lui en voulait.

Il lui en veut de ne pas être triste, de ne pas fumer sur son balcon pour oublier, de ne pas regarder la lune pour en rêver, il lui en veut de ne pas pleurer pour lui comme il pleurait pour elle. Si seulement il pouvait lui manquer, comme ce cheveux balancé dans la nuit pouvait lui manquer, comme le cadre vide de ses photos pouvait sembler si triste, comme l’empreinte de son corps sur le lit pouvait paraître si unique ou son parfum sur l’oreiller aussi profond. Si seulement il pouvait lui manquer, comme elle lui manque, ce soir comme beaucoup d’autres, passés et encor à venir, simplement parce qu’ils avaient été fleurs avant d’être fanés.

novembre 7, 2007

savoir en profiter

Y’a pas de peur mon frère qui tienne en ces cas là
Tous ces petits détails qui reviennent sans cesse ne pas les oublier mais approprie les toi fais en plutôt des rêves y a pas de peur qui tienne dans des cas comme ça
Bordel mais profites-en des moments comme ça y’en a trois dans la vie pas plus pas moins crois moi
T’es avec elle déjà ça se fait toujours va tu lui prends la main tu l’embrasses et tu l’aimes je crois…

Va ça te gêne tant de devoir te cacher tu sais je te comprends mais le reste du temps savoir en profiter savoir en profiter

Savoir en profiter des baisers en cachette des rares sourires comme des refrains des innocents moments qu’il faut savoir aimer un rêve un rêve balancer ses peurs vas-y prends toi la tête écoute tes pensées mais dis toi qu’elles sont fleurs avant d’être fânées et lors tu danseras sur le plus doux des airs celui ton amour pas encore souvenir non jamais souvenir mais encor à venir

Savoir en profiter

août 13, 2007

Un dernier matin

Un matin de canicule durant la belle saison. Un appartement à Paris, sur les contreforts de la butte Montmartre, au dernier étage. Le soleil est encore jeune et la belle est endormie, sa peau carressée par les premiers rayons dont la fraicheur matinale adoucit la chaleur du soleil. De grands rideaux blancs dansent au travers de cette pièce, frôlant les pieds du lits sur lesquels sont accrochés quelques vêtements portés la veille.

Dans cet appartement d’artiste, quelques tableaux ont fait office de sous de verre, une bouteille de vin rouge vidée la veille gît là, près d’un vase emplit de jasmin diffusant leur doux parfum au travers de cette pièce. Une pièce qui a prit les reflets dorés d’un soleil matinal dans cet intérieur tout en bois, un chevalet, un tableau inachevé et quelques illustrations sont là sur le sol, en guise de plancher attendant que la lumière du soleil n’ait altérée leurs couleurs encore si vive un jour auparavant. Au fond de la pièce, une baignoire, un rideau rouge, étrange qu’il ne danse pas lui aussi. Près de moi une tasse thé à moitié vide, sans doute la veille.
Je la regardais dormir, devinant ses formes aux plis des draps blancs mêlés aux rideaux qui dansent sur chaque bruissement du vent que les tableaux éparpillés ne pourraient retenir. D’abord sa nuque, ensuite une épaule, l’autre reste cachée par sa chevelure brune, une main lâchement déposée sur mon oreiller et le prolongement de sa peau qui prenait elle aussi les reflets du bois de cet appartement. Ayant pour seule mesure du temps le balancement des rideaux blancs je restais là, assis au bords du lit à contempler cette fille, toujours à me demander quels seront mes premiers gestes à son réveil, l’embrasser? simplement lui sourire, être pris dans l’hésitation du ni trop ni trop peu, j’aurais envie de me laisser aller à la regarder, lui sourire, poser ma main sur cette chevelure étrangement calme aux souvenirs des draps.

Simplement là, et ne rien faire, ne rien dire, simplement contempler la beauté, de ce moment presque achevé, simplement se laisser happer  sur un des plis que les draps prennent sur son corps mais c’est là un de ces moments trop beaux à ne rien y changer, tout ça pour un souvenir, un dernier regard, un dernier parfum, et simplement, le dernier matin.

août 13, 2007

l’Inachevé

Le premier craquement, un bras s’est levé pour se poser sur cette piste là, les craquements se font récurrents, à demi frôlants le larsen, sans doute un peu trop vieux, quelques reflets sur ce miroir accroché au mur, et dans l’obscurité la musique commence. Le disque est un crooner des années 50, quelques intonnations classy dans cette chambre d’hotel miteuse où le papier peint décollé à chaque coin de ces murs laisse apparaître les traces d’une saleté aussi vieille que ce disque. La seule chose en bon état était ce vieux tourne disque qui délivrait les seules bonnes notes de cette soirée.

Deux heures avant ils étaient au milieu de tous ces gens que rien n’arrête, parlant sans écouter, riant sans même comprendre, un bal des masques entre gens de bonne compagnie, tels qu’ils se nomment. Lui, l’avait regardé sous la lune et pour la première fois l’avait réellement vue. Certaines choses ne changent pas, elle n’était alors qu’une image pour lui, un symbole de beauté et de grâce. Ce soir là, vêtue d’une robe sans forme, épousant pourtant la moindre parcelle de son corps avec élégance, laissant ses cheveux lâches qui tombaient alors sur ces épaules en de fines boucles volantes, il la voyait, comme pour la première fois, avec tous ces romans qui lui revenaient en tête, tous ces passages de film où deux amis se regardent traçant indéniablement une ligne invisible entre leurs lèvres. Ce soir là tout était confus, partis de ce mauvais bal ils s’étaient trouvés là, dans cette chambre miteuse à écouter ce crooner au milieu des craquements que le disque laissait. Il la regardait, près de cette fenêtre, les yeux vagues, laissant consumer sa cigarette sur le sol, déjà éteind. Il regardait de temps en temps la fumée épouser les plis de sa robe, avant de glisser sur ses jambes appuyées sur le rebord. Aucun mot, c’était inutile alors. Presque aucun regard, sans doute de peur de perdre celui qui les aurait précédé. Et puis il lui dit, à elle ou à une autre, il avait longtemps cherché les mots à placer comme des notes sur une partition déjà écrite, la voix tremblante, non de peur mais d’attente, comme l’attente d’une réponse qui ne viendrait peut être jamais.

“je suis tombé amoureux d’une image.”

Il avait laissé derrière ce point un vague silence, comme s’il ne s’adressait pas à elle. Elle le comprenait parfaitement et pourtant, l’attente était la même, commencer une danse qu’on ne voudrait pas voir se finir. Ils gardaient alors tous les deux ce moments, dans cette chambre lugubre, évitant les bruits pour laisser le vieux crooner vibrer pour eux, évitant les regards de peur de les voir se finir avant de…

…se terrer une fois de plus dans cette galerie de l’Inachevé.

août 9, 2007

Artefact

Un soir comme d’autres, une soirée dans un appartement parisien, une terrasse sur laquelle jonchait ces lampes de balcon. J’étais là, sur ce balcon à regarder le tout Paris sans rien me dire, tout me semblait vide, et lumineux, le rythme des feux s’échangeant, les phares de ces voiture sur les grands boulevard, pareils à des lignes de lumière en pleine nuit. Debout et seul sur ce balcon je regardais les cendres de ma cigarettes tomber en lambeaux sur la cour que je surplombait. A l’interieur, plusieurs dizaines de personnes, toutes plus hypocrites les unes que les autres. Un bal. Cet évènement préfigurait pourtant la personnalité de ceux qui y étaient conviés, j’y étais, sans trop savoir pourquoi, les regardant échanger des sourires comme on échange un merci, merci de me parler, merci de faire semblant. Ce soir là, tout me sembla fake et pourtant je suis resté, sans doute parce qu’au moment où les visages qui m’entourraient me sont parus pareils à de simple masques je l’aperçus. Elle que j’avais toujours vu comme une fille belle mais tout aussi propre que ceux là, la sincérité en plus.

Elle se tenait assise sur le rebord d’une fenêtre, le regard perdu dans l’immensité d’un Paris vidé de sa substance. Je me souviens de cette robe qui lui tombait sur le creux des épaules, de ses cheveux noirs minutieusement déposés sur les quelques centimètres de peau que l’on pouvait deviner depuis sa nuque. J’ai regardé son visage des centaines de fois sans jamais prêter attention au soulignement de ses yeux, à la courbe de son menton ou aux boucles que ses cheveux formaient, déposées sur d’autres mèches.

Je l’ai rejoins ce soir là, et pour la première fois je cru comprendre, pour la première fois je pénétrait l’amazone de ses yeux et je pus voir comment elle me voyait, nous étions devant tous ces visages inconnus et pourtant, à ce moment là, seuls au monde. Romancer ce moment m’inspirerait de dire que je voyais de sa robe, une jambe se déposer tout en grâce sur ce sol méditérannéen, que l’espace d’un instant j’avais conquis l’immensité de l’Amazonie et que je me voyais dans le plus beau des miroirs. Romancer cela me reviendrait à croire qu’à ce moment là, le monde m’appartenait et que chaque chose, dite ou chaque son entendu ne valait rien, il n’y aurait que ses yeux, son corps, et les miens pour les sublimer.

In Veritas j’ai été conquis, par celle là même, la seule qui m’ait jamais regardé  ainsi, la seule face à qui le monde entier n’eut été qu’une futilité sans nom et pour lequel je n’aurais rien changé à la douce lumière qui carressait sa peau.

Je me souviens d’elle, de ses boucles brunes, de son regard de jade et de la couleur que sa peau prenait à cette lumière, je me souviens de ses lèvres, brillant au dessus des quelques lumières que nous comtemplions.

août 9, 2007

Old Love

Un bar miteux dans une ruelle sombre, inondée du même brouillard depuis plusieurs jours, comme les visages de ceux qui m’entourent. La lumière jaune sur tous des murs crasseux, comme des phares de voiture, on se croirait encerclé. Les tables devaient être en bois il y a longtemps, aujourd’hui elles ne sont plus qu’un assemblage de planches, témoignant des coups de serviette sale passés dessus depuis bien trop longtemps.
Les hommes qui m’entourent semblent, eux aussi, être là depuis longtemps, chacun regarde son verre parce qu’en levant les yeux, on se retrouve dans un autre brouillard, celui des cigarettes à demi éteinte sur les cendriers ou dans ces bouteilles vides que personne ne ramasse.

Aucune femme, à part elle, celle qui chante sur une scène improvisée et pour un public inconscient. Elle est belle, comme ces icônes des années 40, on se croirait dans un de ces bars de films de seconde zone aux Etats-Unis, imaginant le barman sortir un fusil à pompe pour calmer les bagarres et les flics n’osant pas s’approcher. On peut presque sentir l’odeur des pots d’échappements de ces motos garées devant, mais je ne suis pas aux Etats-Unis, seulement en Angleterre dans un bled pommé au nord de Manchester. Et à part cette chanteuse improvisée de blues, rien n’est agréable ici.

J’attends une fille depuis plus d’une heure, elle ne viendra pas. Dommage, encore une occasion de rester d’où l’on vient. Ces techniques de dragues où l’on donne un rendez vous sans même connaître son nom…les premières minutes sont excitantes, on se place de manière inconsciente près de la porte pour limiter le trajet quand elle arrivera, on choisit une table éloignée des tables de billards et des joueurs qui ne font que mater les autres et on prête attention aux conversations des alentours, histoire de prévenir tous les dérapages possibles. Ensuite on reste figé, comme un con attendant cette fille qui ne viendra pas. Quand 20 minutes sont passées, on se pose des questions stupides, “est ce qu’elle se souvient de l’endroit?” “j’aurais du lui donner mon numéro…” etc. Tout ça pour justifier je ne sais quel élan d’amoureux transit. La première fois que je l’ai vu, c’était au milieu d’un bain de foule, assez étrange comme rencontre, tous écrasés, on lève rarement la tête si ce n’est pour trouver un peu d’oxygène, c’est là que mes yeux l’ont croisés, un échange de sourires et cette envie de garder un moment pareil silencieux, on ne dit rien, on est seulement restés figés, comme deux gosses qui se sourient mais n’osent pas se parler. Le coeur bat trop vite de toute façon, impossible d’aligner trois mots.  Puis comme s’est arrivé, la foule se disperse d’un coup d’un seul, comme elle est arrivée, je l’ai vue s’éloigner de moi, et j’ai à peine perçus phrase sortir de ses lèvres “ici demain à la même heure”, alors j’y suis. Hier c’était un concert de jazz, un groupe très apprécié il parait. Ce soir ce n’est que cette chanteuse, belle mais sans beaucoup de charme, elle ne regarde que dans le vague, reprenant des titres de Clapton avec son Old Love. Sans le savoir je la regardais, sans doute avec insistance, en tout cas à en croire les deux cons qui me fixaient ça ne se faisait pas. Au bout d’une heure je suis sorti, marre de cet endroit, c’est dommage, j’aurais aimé la revoir et … tout ça pour ça!

Une heure a cogiter pour rien, ce n’était un rendez vous qu’elle me proposait, c’était les présentations, cette chanteuse, dans ses yeux il y avait la même lueur, comme une larme sèche au milieu de sa pupille. Mais sa voix…je ne m’en souvenais pas comme ça, ça a du charme…elle ne m’a pas vue, je pourrais encore partir et ne plus la revoir, de toute façon je partais le lendemain alors même si j’attendais…Faudrait savoir quand même, je suis resté là bas longtemps quand même.

août 8, 2007

Les yeux derrière

Elle était là, assise à la terrasse d’un café et seule, laissant le soleil refléter le grain de sa peau. Lisse et gracieuse, c’est ce que je me disais en la voyant, j’aurais pu choisir d’autres adjectifs, beaucoup me vinrent mais ceux-là sonnaient mieux, pour elle en tout cas. Elle était comme ses images que l’on voit sur les bus ou dans les stations de métro lorsqu’on les frôle parce qu’il y a trop de monde, on se retrouve alors coincés dans ce bain de regards et de démarches et le simple fait d’accrocher ses yeux à une image peut faire oublier ces bruits. Je n’avais rien à faire, j’attendais, assis à la terrasse de ce café. D’ailleurs ce café était de ceux où l’on ne pense jamais à se rendre, des couleurs qui ne vont pas ensemble, couleurs de ces PMU de campagnes, et ces vieilles chaises en osier qui vous griffent lorsque vous bouger un peu les bras. En temps normal, un café nous attire par les personnes qui s’y assoient et là…rien d’important, elle était là, moi aussi et c’est tout. Durant les quelques minutes où mes yeux se sont perdus sans gêne sur sa peau je n’ai pensé à rien d’autre qu’à redessiner les courbes de ses jambes qu’elle croisait si bien, je ne pensais qu’à ses vêtements en me disant que sur une autre ça n’aurait pas été la même chose, bien sûr, une belle fille en mini jupe à un café attire toujours les regards de quelques passants, mais bien au delà, je ne pensais plus à ça.

Je me disais sans cesse qu’elle jouait, qu’elle “posait” en fait, pas le moindre faux pas, pas le moindre geste dérapant ou inégal, elle était accordée, comme un instrument. Sans fausse note. Derrière moi, le serveur criait, il parlait italien et cette langue qui me paraissait alors si belle était devenue comme étrangère. je ne faisais que la regarder, en attendant qu’un geste lui échappe et que je puisse me dire “encore une icône qui fout le camp” mais rien ne vint, je suis resté là quelques minutes à la regarder sans bouger, elle griffonnait sur un carnet, sans doute une touriste, mais parfaite statue de beauté sur une terrasse usées par trop de regards. Elle ne tourna la tête qu’une seule fois, nous échangeâmes un regard et tout finit là, elle était plus belle que je ne l’aurais pensé.
D’autres auraient pu voir dans les quelques gouttes de mascara qu’elle avait aux bords des yeux quelque chose d’inexact, mais je restai béat, a contempler le quart d’une fille de rêve, justifiant de quelques larmes au bords des yeux.

Mais tout se finit, un homme arriva, sans doute charmant pour d’autres mais inégal dans sa manière d’être, humain en fait. Il s’assit à ses côtés, je les voyais parler puis ils se levèrent et je resta là, comme un con devant un paysage qui n’aurait jamais du changer, me disant que pour garder quelque chose de parfait, il ne faut jamais rester.

août 6, 2007

L’inhibition

L’impression de marcher au ralentit, sous le soleil, et sentir sa peau cuire sous ses rayons. D’autres pensées m’envahissent, trop de pensées, à chaque pas renouvelé cette impression de ralentit qui me surprend, étrange?
Les souvenirs de la veille qui se mélangent à ceux qui viendront, c’est étonnant d’imaginer ses futurs souvenirs, se demander comment sera telle rencontre ou quelles discussions viendront et ce qu’on retirera. Ce sentiment ne vient pourtant que lorsque l’on se sent mélancolique, nostalgique parfois d’un autre temps,  on laisse tout se mélanger et nos propres repères se confondent dans une cacophonie de sentiments connus. La gauche ressent et ma droite comprend, chacun de mes pas semble alors marquer le propre chemin de mes souvenirs, et je m’enfonce, j’ai l’impression de marcher sur du sable, j’imagine alors le bruit des vagues au loin, l’odeur de l’iode qui m’envahit ou celles des barbecues d’été qui me suit. Les sentiments s’estompent alors, la cacophonie prend fin, comme un prélude de ces morceaux baroques, trop chargés de sens et pourtant fluides, sans doute l’effet du sable. La lumière se prend ensuite au jeu, elle éblouie et s’adoucit avec les feuilles de ces quelques arbres qui me surveillent. Mes pas se font lourds et je tout s’emportent aussi vite, trop de bruit et je recherche le silence, la paix, mais la sérénité ne prend pas, quelle conne, elle reste trop loin pour la toucher, on n’est alors qu’un pauvre promeneur qui pense trop.

Puis la réalité survient, toujours aussi désagréable comme réveil, j’imagine à chaque fois que ce n’est qu’un autre rêve mais non, je suis bien là, sur du bitume, le bruit des vagues est camouflé par celui des voitures sur un périphérique notoire, l’odeur d’iode à disparue, le sable sous mes pieds n’est qu’une terre trop sèche pour marquer quoi que ce soit, je marche, je m’étends sur les bords d’un trottoir usé, obligé de regarder mes pieds pour éviter cette lumière aveuglante et je pense alors que je n’aurais pas du sortir, je voudrais être ailleurs mais non, il ne me reste que les souvenirs faussement accumulés comme un mirage dans une ville que je connais bien trop maintenant. C’est l’odeur du départ

août 5, 2007

le miroir

Un début de soirée sur un boulevard au nom romantique, les lumières des voitures qui se reflètent dans les vitrines des magasins et les pas de tous ces passants qui ralentissent laissant aller leurs yeux dans les coins inexplorés de ces rues qu’ils regardent pourtant tous les jours.

Un café sur ce boulevard, quelques tables a moitié rangées un groupe de touristes qui parlent, sans doute de leur journée passée à écumée les monuments de Paris. D’autres derrières ne parlent plus, leur silence est éloquant, un couple, une dispute et des regards qui s’évitent. Au milieu de tout ça, de cette fausse agitation il est là, à une table et attend cette fille qui doit le rejoindre, elle est en retard mais il l’attend depuis trop longtemps pour lui en vouloir. En l’attendant, il revoit chacun de ses gestes, quasi inconsciemment, il revoit la place que prend son paquet de cigarettes, croise ses jambes pour les décroiser et recommencer dans l’autre sens, regarde discrètement dans une vitre ses cheveux bruns et reprend le col de sa chemise. Tout ce rituel pour pas grand chose, son coeur bat de plus en plus vite et il voit passer les minutes au rythme d’une trotteuse de luxe. Trop de pensées le suivent, trop de mots lui viennent et trop de phrases qui commencent par “Est ce que je…?” il y pense trop et il le sait mais ses pensées sont compulsives. Le boulevard se fait de plus en plus vide, il se lève, allume une cigarette et regarde derrière lui
A quelques mètres une silhouette se dessine, il voit apparaître ce sourire qu’il a déjà vu, un sourir pour s’excuser du retard. Elle arrive, quelques compliments pour se dire bonjour, elle s’assoie et ce silence de gêne s’installe, les sujets ne manque pas, mais leur sourire éloigne leurs paroles. Ils commencent à discuter et évitent tant que possible les sujets personnels, il ne se sont pas vus depuis trop longtemps pour aborder quelque chose de gênant. De temps en temps, un compliment vient ponctuer leur conversation et recommencent ensuite sur autre chose.

Dans ces moments, il est face à son propre miroir, se forçant à maintenir chacun de ses gestes à un niveau élégant, la peur de décevoir ou de n’être qu’ordinaire à des yeux qui le regardent ainsi…