Fleur de Livinallongo, insouciante et que l’on cherche, dont on se demande le goût ou les quelques parfums qui peuvent en exulter. Quelque chose de beau, que l’on écrit à la faveur de la lune, en composant ces vers interdits, un refrain secret que l’on garde pour soi, sans en chanter l’air. Elle était ainsi, pareil à ces pensées, pareil à ce refrain ou à ces fleurs, cette douceur, ce parfum, ces couleurs, l’empreinte d’un pétale au creu du cou lorsqu’elle était assise. Loin d’être là, elle n’était que là bas pour ce moment privé de pensée, de non acte, un vers qui s’épuise – Une ombre de plus, un mouvement, un goût privé d’interdit ici, c’est comme quelque chose qui passe sans qu’on le voit, juste un sourire lancé au hasard, loin d’être froid mais chaud, doux à la manière de ces proses imparfaite qui nous retienne, la regarder c’était comme lire un livre, se plonger dans l’inconnu, regarder et puis sentir sans s’en rendre compte, la regarder c’était comme dévorer ce livre, sans en savoir la fin bien qu’il y en aurait une, on le sait, c’est comme ça.
Il écrivait ce jour là, en pensée, il a écrit tout un rêve n’appartenant qu’à lui pour de beau. A la regarder ainsi il n’y voyait pas de fille, une femme au moins mais plus, bien plus, elle était telle, une seule lettre posée sur tout un paragraphe de pensée, une lettrine italienne, délicate et pourtant inconnue. Il n’a fait que regarder et imaginer, comme ces poètes râtés qui n’écrivent que pour eux, pas ou plus pour elles, ces femmes qui nous emprisonnent, créant des chaînes entières de simples détails, de simples désirs inavoués ou manqués, ces poètes qui n’écrivent qu’à la faveur d’une lune froide en pensant qu’ils seraient ainsi seuls avec eux-mêmes.
Le coude à sa fenêtre une cigarette à la main il regardait, observant ce que la belle faisait, loin de se savoir observée – pourtant si belle et inconsciante de tout. Tout ce qui n’avait été durant des mois que des pages blanches écrites pour lui. ce jours là il en écrivait une autre, belle et douce, non plus ces vers inflexibles, froids qui se brisaient sur le bout des lèvres. A la regarder il pouvait déjà vouloir l’embrasser parce que trop poésie sous ses yeux et se rêvait vrai poète, non sans talent, mais celui que l’on remarque, celui qui use de son regard, un regard glacé par le papier sur lequel il coucherait chacune de ses pensées.
août 6, 2008...11:31
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Un commentaire
août 24, 2008 à 11:43
splendide… Très poétique et très sensible (comme d’hab’). Bisous, Lauren