juin 18, 2008...9:14

Duende

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Caramel, la couleur de sa peau et celle des lumières. Une pièce sombre où il ne peut que deviner les boucles de ses cheveux couleur corbeaux. Elle sent son souffle, rapide et incertain au creux de ses épaules. Et comme une odeur de vanille qui se disperse, un parfum sucré et enivrant sans être écœurant. Elle ne bouge pas encore, cette fois c’est lui qui conduit. Aucun mot mais sa respiration se calibre sur les hausses de tons que les murs renvoient. D’abord une main entre deux mèches de cheveux puis l’autre, le revers de ses doigts le long du dos, ça ne va pas tarder, elle le sent. Il doit tenir sa hanche pour la laisser découvrir une jambe. Elle tremble un peu, sans doute son souffle sur base de la nuque, un peu trop froid. Ça y est, il commence enfin. C’est étrange, il se concentre seulement sur le creux que forme sa lèvre supérieure; la robe ne laisse plus rien à deviner et le début est le plus important, c’est sans doute ça. Elle n’a pas encore prise d’initiative, elle est conduite pour le moment, entièrement à lui, lorsqu’il la presse ou la cambre, jusqu’à ce qu’il remonte sa jambe – c’est là. Lorsque sa cuisse le serre, c’est un signe, c’est à elle.

Elle joue de son corps – ça se voit – laissant le parfum de sa poitrine le chatouiller, ce parfum concentré à la base des seins, elle se découvre un peu plus, jusqu’à ce que leurs mouvements y déposent ces fines gouttes de sueur. Toujours ce parfum caramel lorsqu’il se trouve derrière elle à fixer son dos et le voir se débattre. Sa robe lui semble un peu plus courte, il n’avait pas remarqué le haut de ses cuisses jusque là. A présent il est temps, la musique se finitet c’est là le plus important. Peu importe les boucles de ses cheveux, maintenant, ou même sa poitrine, là ce sont ses jambes et ses talons qui la rendent mouvante. Il ne voit plus rien si ce n’est ce voile qui couvrait avant ça cette jambe, s’il pouvait encore penser, il l’aggriperait mais il ne peut plus que sentir, quelques effluves mais surtout sa main, au creu de son torse; sa chemise s’est ouverte elle aussi. Il doit la porter mais elle tremble un peu, lui aussi, il n’aurait pas dû détacher son regard des lèvres entrouvertes mais la tentation est trop grande et il n’y aura pas de suite – pas de rappel quand ça arrive. Il doit juste la serrer contre lui et cette fois ci la porter, c’est le moment. De fixer la ligne de ses lèvres entrouvertes comme une limite à ne pas franchir.

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