Quelques mots sous ses yeux, qu’il comprit pour la première fois. C’est en lisant ce receuil de Viau qu’il en vint à rêver d’une vie différente, de ces quelques mois passés à oublier sa Juliet auprès d’une Ophelia dont il ne tarderait pas à tomber amoureux. Il était ainsi, à tomber amoureux de l’image qu’il se faisait d’une fille qu’il idéalisait. Elles étaient deux pourtant, Juliet et Ophelia, chacune pour lui unique à ce seul fait d’avoir été là.
Pourtant ces derniers jours avaient eus un goût différent, celui d’une amertume certaine pour la vie qu’il pensait avoir, celui qu’on attribuerait à un couleur terne comme une tâche en plein milieu d’un rêve. Il ne les voyait plus de même qu’avant, n’avait plus le même sourire en pensant à elles deux et ne lassait pourtant pas de penser à leur visage.
L’une avait cette couleur dorée que soulignait un regard clair et mystérieux, l’autre à la peau claire avait l’image d’une héroîne de Shakespeare, comme un poème intouchable ou une Sylphide. Il se trouvait là, entre une héroïne de théâtre et une actrice de cinéma qu’on placerait dans la même classe qu’une Marylin ou qu’une Eva; à revoir sa vie, avec les doutes de plusieurs échecs amoureux et des désirs que lui même ne comprenait pas toujours.
En tournant les pages il semblait comme relire sa propre histoire, une jolie fille, quelques mois et plus rien, avec cette tendance funeste à confondre les lumières d’une bougie et d’une étoile, à viser ce qu’il ne pouvait avoir et de se croire dans un mauvais drame. Les vers lui paraissait pourtant tout à fait clairs, d’autres l’avait vécus avant et ne s’en étaient pas remis, chacun étant tombé dans l’alcool, la drogue ou pire, la poésie. Malgré cela, il ne pouvait oter de sa tête cette penser d’espoir, qu’il n’était pas seul finalement, comme une troisième acte éternel, ce fameu personnage qui peut entrer à tout moment et renverser cette situation. Même s’il n’y croyait plus, tout cela avait pour lui le goût d’une fin présentie et il se résignait, attaquant timidement le début des Stances, à ne plus nourrir d’autres rêves que les seuls atteignable à un anti héro comme lui, personnage principal d’une mauvaise tragédie. c’est un marque page, glissé au hasard des poèmes qui lui redonna le sourire, le fameux évènement tournant du troisième acte, ce qui peut tout changer. Il ne s’agissait pourtant que d’une photographie un peu usée, montrant les deux héroïnes aux lèvres rassurantes. Tout cela pour qu’il se dise que la pièce ne s’achèverait pas ainsi, un acte manquait et l’apparition d’une troisième qui saurait venir, et se montrer à la hauteur de ces deux femmes, qui bien plus que femmes semblaient davantage des icônes au regard d’une pièce en cours et de quelques poèmes achevés.
juin 18, 2008...3:42
“Après m’avoir fait tant mourir”
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