Après midi lugubre, un réveil difficile marqué de rêves et de souvenirs de la veille. Une soirée arrosée, un peu trop, quelques mots et un geste, de trop. Quelques pas difficiles après s’être levé, il s’était assis sur sa terrasse où restait une bouteille de la veille; quasiment vide et quelques verres autour. Il ne se souvient plus de tout, peu de détails en somme mais cette sensation de vide simplement pour avoir soulager sa conscience, un moment orphelin. Pour se changer les idées il se leva, chercha un paquet de cigarettes qu’il se souvenait avoir égaré quelque part entre le fauteuil et la cadavres de bierres éparpillées. Puis il prit un vinyl de Bob Dylan qu’il mit sans conviction. Dans ces moments là, Dylan n’est pas une bonne idée. Il se rassit sur cette chaise, à la terrasse d’un vieil immeuble et en allumant sa cigarette, jeta un oeil furtif aux fenêtres voisines. Tout rideau tiré, il se dit qu’il était seul et ne pouvant ni espionner, ni penser clairement, il se releva pour aller chercher son appareil qui l’adierait sûrement à à rassembler les fragments dispersés de sa soirée. Un de ces appareils dont il n’avait jamais fait bon usage, “une bonne occaz” comme il disait, remplit de photos somme toute assez banales qu’il feuilletait par flemme de les effacer. C’est lorsque le disque se mit à craquer qu’il aperçu les fragments qu’il cherchait.
La fumée dissimulait de nombreux détails mais il se souvint de sa tenue. Il s’en souvient parce qu’en la voyant, son coeur s’était mit à trembler et il avait passé une partie de la soirée à savoir comment l’approcher. Il se souvint qu’avant d’être saoul, il était gêné; gêné de la trouver si belle alors qu’il pensait la connaître si bien. Le reste n’était que futilité, quelques amis sourriant à un objectif, des jolies filles et des rires mais Elle. Au centre de tout, cette fille aux cheveux chatains et aux lèvres roses qui s’était emparée de cette pièce en y entrant. Cette fille qu’il avait approcher si souvent et dont il nourrissait ces pensées pour la première fois.
Tout était confus en lui, comme la veille. Il n’était plus capable de savoir s’il avait pu dissimuler son attirance ou si tous en avaient été témoins. De toute manière tout le monde le savait, il ne savait rien cacher de ces choses là. Tous le savait, elle aussi sans doute, elle qui le connaissait si bien. C’est un matin comme ceux là, en se rappelant ce qu’il aurait préféré oublier que les mauvaises humeurs apparaissent, que l’on voit les détails que l’on aurait souhaiter effacer ou oublier comme toutes ces photos qu’il avait prise d’elle depuis qu’ils se connaissaient. Puis il se mit à penser, à se demander s’il devait lui dire ou non; avant de s’apercevoir que tout avait été dit. C’était là, sous ses yeux, parmis les photos inutiles du début qu’il aurait préféré effacer.
Elle était là, cette photo d’elle, un monde entier nu à ses pieds et lui, spectateur impuissant, et ce mal de crâne qui n’en finissait pas. Dans un dernier élan il prit son téléphone, espérant on ne sait quoi avant d’y lire “Aucun message”, avant de savoir, qu’Elle était partie.