mai 30, 2008...1:31

Emprunter au plaisir les mots doux…

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Emprunter au plaisir les mots doux de leur entente lorsqu’il la regardait s’asseoir ou rire de lui ni de rien lorsque tout semblait ne plus vivre autour d’eux. Mais lorsqu’elle le regardait il semblait voler à ses lèvres ces douces paroles murmurées à son oreille sans pour autant y prêter garde, sans pour autant chanter ses quelques mots qu’il aurait tant voulu voir et sentir sur le creu de son cou autrement qu’au travers d’une vitre. Alors il regardait sans cesse, sans relache ce coup comme une limite ou comme une île infranchissable, ce cou sur lequel il aurait volontier déposer ces pétales parfumés ou simplement regarder la lumière d’un soleil timide y étaler son miel de beauté. Mais il ne pouvait que regarder tandis qu’elle l’évitait, qu’elle évitait de croiser ce regard perché au travers de cette bouteille à la mer. Ces moments étaient pour lui uniques, au point de ne rien voir d’autre que la forme de ses lèvres embrasser une tasse de thé, d’imaginer les courbes de ces jambes enlassées plutôt que croisées ou ses propres mains sur le creu de ce dont il rêvait tant. Mais chacun de ces moment n’était qu’un pli de bas filé, partant à la dérive des quelques mots qu’il aurait voulu lui murmurer sans pour autant y prêter garde, plutôt qu’à la regarder s’offrir à celui qui ne la méritait pas. 

Sans la connaître elle était devenue son image, une image qu’elle modelait sans préavis, dont elle jouissait sans rien montrer, par un bas laissé sur le dos d’une chaise et qu’il verrait sans doute comme un signe, un signe de rien, un autre fantasme sûrement. Alors il la regardait sans cesse, tournant sur lui ces milliers de mots doux à porter à ces lèvres roses, ces carresses qu’il emploierait à chanter chacun des creux de ce corps imposer à lui comme une évidence d’envie et de plaisir dont même lui ne jouissait pas.

 Mais l’oeil impartit dans cette histoire comme un roman photo sans couleur ne lui paraissait plus tenir au creu de cette seule main sans pour autant laisser dériver ses rêves, ses propres rêves d’ordres et de soumission, ses désirs inavoués, muets au creux d’un carnet qu’il nourrissait de tels plaisirs. Alors il la regardait, sans cesse, sans rien ni mots mais seulement cette absence de vie pour des gestes morts nés qu’il garderait pour lui, au creu de sa mémoire, pour un jour peut être une fille qui l’a fait tant rêver que celle-ci au travers d’une simple fenêtre…

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