Semblant de peu mais il s’en faut qu’elle sache, que j’y pense, j’y pense encore à elle sans rien savoir, à la voir ainsi se faire femme pour lui ou pas d’ailleurs, à la voir ainsi des jours durant se faire à lui, s’offrir entière. Je la revois encore cette minute passée au bout d’un verre, d’une nuit trop courte et pourtant d’une nuit seulement mais je m’égare…
Je le revois, à repenser à elle, à croire en tout ça, la revoir s’habiller devant moi comme pour le rejoindre et la revoir partir, toujours.
Mais il a vu son dos plus que ses jambes et je n’en reviens pas, qu’il ait laissé passer tout ça.
“Fou d’elle” sur un papier déchiré qu’elle relit encore pour se convaincre, comme le début d’un poème qu’elle aurait rêvée d’écrire, comme le début d’une histoire finie parce que gâchée avant de se jouer de ces deux amants d’une nuit. Elle n’y croit plus maintenant. Et lui?
Il en rêve, et revoit toujours cette ligne, cette limite à ne plus franchir entre elle et lui, une limite à ne dépasser qu’en rêve, à en croire ce qu’il dit. Mais s’il savait…s’il savait qu’avec lui elle ne pense à rien de plus qu’au vide, qu’à cette odeur de parfum passé sur elle, au creu d’un bras, sur une épaule aujourd’hui seule, mais il voudrait encore y croire, à s’enfermer dans tout ses rêves d’argile, qui s’écroulent dans un nouvel éveil, une porte fermée, ou condamnée, à lui seulement.
A la voir comme ça, il n’en peut plus d’elle, à la croire ainsi il ne sait plus si elle ou lui sont fait ainsi ou à choisir le peu de larmes encore fragiles pour faire d’eux deux un souvenir.