La Grâce créée dans sur un rêve ou sur le quai de cette gare cette fille à la peau caramel. Le regard baissé et ses yeux rivés sur elle, les siens sur ces rails de chemin de fer. La pluie avait laissée sur sa peau ces fines perles d’eau, pareilles à celles que l’on trouve sur les pétales d’une fleure, touchée par cette pluie matinale. Il la fixait, ne pouvant détacher son regard de ce visage, rivé sur les rails de ce quai.
Dans l’air flottait cette humeur, l’humidité qui se prenait entre leurs cils. Les yeux mouillés elle ne détourna pas son regard, restant figée sur son quai, sur ces rails. Lui rêvait déjà d’elle, quelques images défilant, fanées avant d’être passées. Le temps de rêver, un train était passé emportant dans ses wagons quelques rêves et cette fille à la peau caramel.
Mais il rêvait d’elle, encore, rêvant de ces yeux en amandes, soulignés du noir que la pluie avait fait transpirer, il pensait aussi à sa bouche, à ses lèvres bordeaux, et sans se voir, il imaginait une perle placée sur cette lèvres qu’il avait rêvé d’embrasser.
Le train au départ, un autre matin en pluie, il regardait tout autour de lui, cherchant cette fille à la couleur caramel. Il se sentait fautif, ou malheureux, d’avoir râté le train qui avait pu l’emporter quelques minutes avant, sans doute, et prit par la tentation de prendre le prochain, il la verrait sûrement, c’était dit. Un train qui passe et il prend.
Au milieu des vitres, marquées au pile par les paysages qui défilait, la face reflétant les visages des passagers rêvant chacun de leur propre fille à la peau caramel. Elle était devenue sa seule pensée, dans ce train, dans les bus qui suivaient et le soir en regardant aux arrêts qu’il fréquentait. Les matins s’enchaînaient et semblaient, chaque jour de plus être des saisons entières. Chaque feuille prenait la forme de son visage, les flaques celle de son sourire et chaque fille au cheveux longs et à la peau mate prenait les traits de son visage et cette expression qu’elle avait sur le quai de cette gare.
Il a suivi cette idée, comme un rêve qu’il promène encore sur les quais de cette gare, cherchant sans espoir une fille, presque femme, soulignée de lèvres bordeaux et dont les cheveux noirs semblaient accentuer le teint doré de cette peau caramel. Et promenant ce rêve, il a gardé sur son quai de la gare l’expression qu’il avait eu en la voyant.