novembre 7, 2007...10:45

Si seulement il pouvait lui manquer

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Ces soirs de lune bleue où la pluie laisse dans l’air cette fraîcheur distincte et lorsque le vent fait danser les arbres, quelques pensées au vent, le regard las, mélangé aux rêves, souvenirs et pensées et toujours ce sentiment d’inachevé. Il refaisait le monde en pensant, pour échapper à cette humeur qui le poursuit depuis longtemps, ce sentiment dans sa poitrine, indescriptible, les battements de son cœur de plus en plus rapides et son souffle…

Il laissait échapper la fumée de sa cigarette refaisant son passé comme son avenir, lassé de sa propre vie, de sa propre mémoire. Comment le dire? Cette question qui revenait en lui comme un refrain et puis les idées s’enchaînent, il faut penser à autre chose, balancé entre son désir de vaincre et celui de s’écrouler mais il reste là, à regarder sa fumée s’échapper, mêlée au vent et à cette pluie qu’il peut presque toucher.

Au milieu de ses pensées, un cheveu se dresse, sur la manche de sa veste. Il le prit entre ses doigts, créant d’autres souvenirs, se lassant d’autres images. Elle était belle, il y repensait, comme s’il n’en n’avait jamais eu conscience avant. Elle est partie. Il y pensait depuis longtemps. Entre le pardon et l’oubli il faisait rouler ce cheveu entre ses doigts, pour finalement le laisser s’échapper, comme sa fumée et disparaître avec le vent.

Ces soirs de lune bleue où l’air est si léger qu’on y dépose nos pensées et nos souvenirs, pour ne plus y penser. Ce cheveux pour seul souvenir de tout un passé qu’il voulait oublier, sans y parvenir, il y repensait pour finalement changer d’avenir, celui qu’il avait imaginé depuis son passé, il faut tirer un trait, tout oublier. C’est cheveu qu’il lui faisait penser, en se demandant si elle aussi était ainsi, si elle regardait l’air s’échapper pour ne plus penser à rien ou si elle riait pour oublier. Lui ne riait pas, il pleurait pour pardonner mais il lui en voulait.

Il lui en veut de ne pas être triste, de ne pas fumer sur son balcon pour oublier, de ne pas regarder la lune pour en rêver, il lui en veut de ne pas pleurer pour lui comme il pleurait pour elle. Si seulement il pouvait lui manquer, comme ce cheveux balancé dans la nuit pouvait lui manquer, comme le cadre vide de ses photos pouvait sembler si triste, comme l’empreinte de son corps sur le lit pouvait paraître si unique ou son parfum sur l’oreiller aussi profond. Si seulement il pouvait lui manquer, comme elle lui manque, ce soir comme beaucoup d’autres, passés et encor à venir, simplement parce qu’ils avaient été fleurs avant d’être fanés.

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