août 13, 2007...3:36

Un dernier matin

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Un matin de canicule durant la belle saison. Un appartement à Paris, sur les contreforts de la butte Montmartre, au dernier étage. Le soleil est encore jeune et la belle est endormie, sa peau carressée par les premiers rayons dont la fraicheur matinale adoucit la chaleur du soleil. De grands rideaux blancs dansent au travers de cette pièce, frôlant les pieds du lits sur lesquels sont accrochés quelques vêtements portés la veille.

Dans cet appartement d’artiste, quelques tableaux ont fait office de sous de verre, une bouteille de vin rouge vidée la veille gît là, près d’un vase emplit de jasmin diffusant leur doux parfum au travers de cette pièce. Une pièce qui a prit les reflets dorés d’un soleil matinal dans cet intérieur tout en bois, un chevalet, un tableau inachevé et quelques illustrations sont là sur le sol, en guise de plancher attendant que la lumière du soleil n’ait altérée leurs couleurs encore si vive un jour auparavant. Au fond de la pièce, une baignoire, un rideau rouge, étrange qu’il ne danse pas lui aussi. Près de moi une tasse thé à moitié vide, sans doute la veille.
Je la regardais dormir, devinant ses formes aux plis des draps blancs mêlés aux rideaux qui dansent sur chaque bruissement du vent que les tableaux éparpillés ne pourraient retenir. D’abord sa nuque, ensuite une épaule, l’autre reste cachée par sa chevelure brune, une main lâchement déposée sur mon oreiller et le prolongement de sa peau qui prenait elle aussi les reflets du bois de cet appartement. Ayant pour seule mesure du temps le balancement des rideaux blancs je restais là, assis au bords du lit à contempler cette fille, toujours à me demander quels seront mes premiers gestes à son réveil, l’embrasser? simplement lui sourire, être pris dans l’hésitation du ni trop ni trop peu, j’aurais envie de me laisser aller à la regarder, lui sourire, poser ma main sur cette chevelure étrangement calme aux souvenirs des draps.

Simplement là, et ne rien faire, ne rien dire, simplement contempler la beauté, de ce moment presque achevé, simplement se laisser happer  sur un des plis que les draps prennent sur son corps mais c’est là un de ces moments trop beaux à ne rien y changer, tout ça pour un souvenir, un dernier regard, un dernier parfum, et simplement, le dernier matin.

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