août 9, 2007...8:37

Artefact

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Un soir comme d’autres, une soirée dans un appartement parisien, une terrasse sur laquelle jonchait ces lampes de balcon. J’étais là, sur ce balcon à regarder le tout Paris sans rien me dire, tout me semblait vide, et lumineux, le rythme des feux s’échangeant, les phares de ces voiture sur les grands boulevard, pareils à des lignes de lumière en pleine nuit. Debout et seul sur ce balcon je regardais les cendres de ma cigarettes tomber en lambeaux sur la cour que je surplombait. A l’interieur, plusieurs dizaines de personnes, toutes plus hypocrites les unes que les autres. Un bal. Cet évènement préfigurait pourtant la personnalité de ceux qui y étaient conviés, j’y étais, sans trop savoir pourquoi, les regardant échanger des sourires comme on échange un merci, merci de me parler, merci de faire semblant. Ce soir là, tout me sembla fake et pourtant je suis resté, sans doute parce qu’au moment où les visages qui m’entourraient me sont parus pareils à de simple masques je l’aperçus. Elle que j’avais toujours vu comme une fille belle mais tout aussi propre que ceux là, la sincérité en plus.

Elle se tenait assise sur le rebord d’une fenêtre, le regard perdu dans l’immensité d’un Paris vidé de sa substance. Je me souviens de cette robe qui lui tombait sur le creux des épaules, de ses cheveux noirs minutieusement déposés sur les quelques centimètres de peau que l’on pouvait deviner depuis sa nuque. J’ai regardé son visage des centaines de fois sans jamais prêter attention au soulignement de ses yeux, à la courbe de son menton ou aux boucles que ses cheveux formaient, déposées sur d’autres mèches.

Je l’ai rejoins ce soir là, et pour la première fois je cru comprendre, pour la première fois je pénétrait l’amazone de ses yeux et je pus voir comment elle me voyait, nous étions devant tous ces visages inconnus et pourtant, à ce moment là, seuls au monde. Romancer ce moment m’inspirerait de dire que je voyais de sa robe, une jambe se déposer tout en grâce sur ce sol méditérannéen, que l’espace d’un instant j’avais conquis l’immensité de l’Amazonie et que je me voyais dans le plus beau des miroirs. Romancer cela me reviendrait à croire qu’à ce moment là, le monde m’appartenait et que chaque chose, dite ou chaque son entendu ne valait rien, il n’y aurait que ses yeux, son corps, et les miens pour les sublimer.

In Veritas j’ai été conquis, par celle là même, la seule qui m’ait jamais regardé  ainsi, la seule face à qui le monde entier n’eut été qu’une futilité sans nom et pour lequel je n’aurais rien changé à la douce lumière qui carressait sa peau.

Je me souviens d’elle, de ses boucles brunes, de son regard de jade et de la couleur que sa peau prenait à cette lumière, je me souviens de ses lèvres, brillant au dessus des quelques lumières que nous comtemplions.

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